Comment les multinationales ont transformé l’industrie de l’émeraude

gemfields

Ces dernières années, l’industrie de l’émeraude a connu un véritable bouleversement. L’arrivée de multinationales a changé la donne d’une industrie jusqu’ici très artisanale. Ces changements ont eu des conséquences tant du point de vue social qu’économique.

L’industrie de l’émeraude, entre promotion sociale et laissés pour compte

En Colombie, au Brésil, en Afghanistan ou en Zambie, le schéma est le même. Les chercheurs d’émeraudes fouillent inlassablement la terre, à la recherche de la pierre qu’ils pourront revendre. Ce travail, certains ont commencé très jeune. Quand Miguel a commencé à travailler avec son père, il avait à peine douze ans. C’est lui qui lui a appris le métier. Ses sœurs et sa mère, elles aussi, fouillent la terre boueuse de cette région de Colombie dans l’espoir de trouver une émeraude qui leur permettra de subvenir à leur besoin. L’espérance suprême, trouver la pierre qui les sortira de là. Aujourd’hui, 52 ans, Miguel n’a pas encore trouvé son eldorado. Mais il sait que les choses ont changé.
Ces terres appartiennent maintenant à une grande compagnie étrangère. A présent, l’espoir n’est plus de trouver une hypothétique émeraude mais est d’obtenir un travail de mineur sur une concession. Un emploi dans la mine est devenu le sésame d’une vie meilleure. Juan Manuel travaille depuis 4 ans dans la mine de Muzo, propriété du groupe américain MTC. Il explique : “travailler pour eux, c’est l’assurance d’avoir le salaire minimum, une couverture sociale, l’école pour les enfants”. Ici, le salaire minimum est d’environ 282 000 pesos, soit un peu plus de 200 euros. Mais certains peuvent doubler ce salaire en accédant à certains postes. Une rémunération inespérée dans cette région. A laquelle tous ne peuvent accéder. Pour les autres, qui n’ont pu se faire embaucher, la vie est devenue plus compliquée. Ils continuent de rechercher les diamants verts, mais les découvertes deviennent rares. “Les mines récupèrent les plus petits déchets. Avant, en fouillant dans leurs rejets, ils arrivaient à récolter quelques très petites pierres. A présent, tout est filtré. Ils ne peuvent plus en vivre”. L’accès même du périmètre de la concession devient une zone interdite. Ce qu’à du mal à accepter les “guaqueros”, ces chercheurs d’émeraudes indépendants. Régulièrement, des heurts violents les opposent aux services de sécurité qui gardent les concessions. Ainsi, il y a à peine quelques jours, en Ethiopie, une mine d’émeraude, propriété de Gemfields, a été attaquée par une foule de 500 personnes. Les attaquants voulaient s’emparer de la concession, que leur interdisait d’accès les services de sécurité de la mine.

Quand l’industrie de l’émeraude profite à tous

Si le tableau est loin d’être totalement blanc, il est néanmoins indéniable que l’arrivée de grands groupes sur le marché de l’émeraude a permis des améliorations sensibles, tant pour les salariés que pour les pays producteurs.
Aujourd’hui, une majorité des groupes miniers ont le souci de mettre en avant des critères irréprochables en matière de responsabilité sociale. Beaucoup d’entre eux, à l’instar du leader des pierres de couleur Gemfields, mettent en avant leur politique salariale, les plans de formations pour leurs salariés, leurs actions en faveur de l’emploi des femmes. Mais ces avantages sont également ceux des pays où ils s’installent. La présence de ces grands groupes miniers leur a permis de recevoir des redevances fiscales, alors qu’auparavant, aux mains de groupes mafieux, cette industrie ne profitait pas au pays. Aujourd’hui, même s’il reste beaucoup à faire, l’industrie de l’émeraude est devenue une source de revenue officielle en Colombie ou en Zambie. Les multinationales se chargent des routes, de la construction des écoles dans les villages proches des mines. De la poudre aux yeux, disent certains. Mais force est de constater que, si l’on fait des comparaisons sur plusieurs années, la situations des salariés des mines s’est améliorée et l’industrie concourt à l’économie des pays producteurs, ce qui était loin d’être le cas auparavant. Elle devient aussi plus transparente.
Profitant de cette nouvelle donne, de nouvelles sociétés voient le jour. C’est le cas de Fura Gems, créé il y a un peu plus d’un an. Dirigée par un ancien de Gemfields, la société s’est offerte la mine de Coscuez, l’une des plus emblématiques mines de Colombie et l’un des plus important gisement d’émeraude dans le monde. Du point de vue du consommateur, le bilan est positif. Il dispose de beaucoup plus d’informations sur la traçabilité des gemmes, sur leur qualité, sur leur prix. Des d’améliorations qui profitent au marché.

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