Fura Gems, le petit poucet qui veut devenir le géant de l’émeraude

Fura Gems Dev Shetty

La jeune société Fura Gems, créée il y a moins de deux ans, est sur tous les fronts. Emeraudes, rubis, et bientôt diamants, elle vient tailler des croupières au leader des pierres de couleur, Gemfields. Sans état d’âme.

Lorsqu’en janvier 2017, Dev Shetty a pris la tête de la toute nouvelle société Fura Gems, son disc ours était clair. Il le répétait dans toutes ses interviews : non il n’entendait pas créer un Gemfields 2. Sauf qu’aujourd’hui, on peut se poser la question. Fura Gems est de tous les fronts. En Colombie, ou Fura a racheté en février 2018 la mine de Coscuez, l’une des principales mines d’émeraude du pays. Mais aussi au Mozambique, où Fura vient d’acquérir 9 nouvelles licences, pour l’exploitation du Rubis. Avec un total de 1104 kilomètre carré, la société détient la plus grande superficie sous licence de tout le pays pour l’exploitation du rubis. On lui prête aussi des projets en Inde dans une mine diamant. Fura avance ses pions, et avance vite.

Fura Gems débauche les cadres de Gemfields

Dev Shetty, le PDG de Fura Gems est allé à bonne école. Il a travaillé pour Gemfields, le leader des pierres de couleur dès 2010, avant d’en devenir en 2012 directeur des exploitations (COO). Lorsqu’il démissionne de son poste au conseil d’administration de la société, en octobre 2016, c’est la consternation. De l’avis de tous, il a bien plus que contribué à la croissance du développement de Gemfields. En prenant la tête de Fura dès janvier 2017, c’est un dirigeant expérimenté qui va offrir à l’entreprise une impulsion décisive à un moment clé de son développement. Le nouveau PDG aime s’entourer de proches et recrute parmi ses anciens collaborateurs. La plus grande partie de la direction de Fura a travaillé chez Gemfields. Elle y a acquis des compétences décisives et un savoir faire incontestable. Cette expertise en matière de pierres de couleur est un atout considérable pour la nouvelle société sur ses principaux axes de développement, l’émeraude et le rubis.

Le coup de maître de Fura dans l’émeraude

Pour tous les producteurs d’émeraude, le Graal, c’est la Colombie. C’est le plus grand fournisseur d’émeraudes au monde en valeur monétaire. Ses émeraudes sont considérées comme les plus pures, les plus belles et les plus chères. En janvier 2018, Fura acquiert une participation majoritaire dans la mine de Coscuez, l’une des plus célèbres mines d’émeraude. L’investissement, un peu plus de 10 millions de dollars, constitue une belle affaire. Dans les années 70, elle représentait à elle seule 95% de la production d’émeraude de la Colombie. Mais la mine est vieille, sous exploitée et dotée d’installations archaïques. Grâce aux capitaux injectés dans son développement, Coscuez reprend vie. Modernisation, automatisation, très vite, les résultats sont là. En Avril, quatre mois après le début des premières étapes du programme d’échantillonnage, une émeraude brute de 25,97 carats est découverte. Sur six mois, les résultats ont dépassé les prévisions de l’équipe dirigeante. En déboursant un peu plus de 10 millions de dollars pour acheter Coscuez, Fura semble avoir fait une belle affaire.

Fura Gems: de belles perspectives

Les émeraudes de Colombie, c’est le grand atout de Fura Gems, un coup de prestige qui n’a pas de prix. Certes, il est encore trop tôt pour quantifier ces résultats, mais le potentiel est là. Les forages initiés en juin devraient porter leurs fruits d’ici à décembre, avec les premières ventes d’émeraude au premier trimestre 2019.
Ses récents investissements dans le rubis au Mozambique sont également très prometteurs. Le schéma employé par Fura est le même que pour l’émeraude. Les licences acquises concernent des sites sous exploités, avec des installations souvent très anciennes. L’afflux de capitaux et la modernisation des exploitations devraient permettre de booster la production de rubis. Dev Shetty s’attend à ce que la production de rubis passe rapidement d’un million de carats par an à trois à quatre millions de carats annuel. L’objectif est d’atteindre 6 millions de carats de rubis par an d’ici à quelques années.

Une possible cotation à la Bourse de Londres

Compte tenu des différentes acquisitions et de leur potentiel, la direction de Fura s’attends à une marge d’EBITDA d’environ 45-50% sur les ventes, un niveau que Dev Shety considère comme standard pour l’industrie. Mais si les prix s’améliorent, la marge de Fura pourrait considérablement augmenter. Récemment, sur une chaîne d’information financière, Dev Shetty déclarait que la demande en émeraude et rubis devrait croitre 2de 40 ) 50%. Les perspectives sont donc bonnes.
Depuis quelques jours, rumeurs évoquent une possible inscription de Fura Gems à la Bourse de Londres. Déjà cotée à Toronto, son entrée à la city lui permettrait de financer ses investissements. Depuis le retrait de Gemfields de la Bourse de Londres, une place est à prendre. Cette place, il se pourrait bien que Fura la revendique.

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