La Colombie met en place un programme de traçabilité des émeraudes

emeraudes

30 millions de dollars, c’est la somme que le gouvernement colombien a alloué à un projet d’empreinte digitale numérique de ses émeraudes permettant leur traçabilité. L’expérience a début il y a déjà quelques mois et sera présentée lors du prochain symposium mondial de l’émeraude en octobre prochain

Traçabilité des émeraudes: au cœur de l’ADN de la gemme

Le projet repose sur une technique mise au point en Australie. Il a déjà fait ses preuves notamment en Afrique du sud où il tient lieu de mécanisme de contrôle pour la commercialisation de l’or et des pierres précieuses.

L’objectif du programme, surnommé La Huella (la trace, la marque) est de fournir une compréhension particulière et des caractéristiques physico-chimiques présentes au moment de la formation géologique d’un minéral, permettant ainsi la reconnaissance d’un ADN géochimique spécifique. L’empreinte peut être retrouvée aux différents stades de l’exploitation à la commercialisation des minéraux.

Identifier l’empreinte minérale de la gemme

Les empreintes minérales sont identifiées dans les gisements même où les minéraux se sont formés, mais aussi dans ses différents processus de transformation tels que la taille et le polissage. Cette technique peut être utilisée pour déterminer la localisation géographique du gisement dont le minéral est issue. L’infrastructure du projet comprendra l’accréditation par un laboratoire certifié, la construction d’une banque de données sur les empreintes minérales et la production d’un certificat validant l’origine des minéraux.

Un enjeu pour la Colombie

“Grâce aux empreintes minérales, il sera possible de renforcer le processus d’audit pour le contrôle de la chaîne de production minière, d’accroître la capacité technologique dans la génération d’outils d’identification des origines légales et indiscutables des minéraux et d’étendre la cartographie géologique et des connaissances du sous-sol », explique le Dr Arce Zapata, ancien ministre des Mines. « Cela permettra de propulser les mines colombiennes à un autre niveau. »

Plus de transparence

Ce projet permettra de renforcer la transparence du secteur qui a beaucoup souffert dans le passé de son opacité et des liens noués avec les cartels de la drogue. Aujourd’hui, la nouvelle image de l’industrie de l’émeraude nécessitait une telle démarche.
Le problème de la traçabilité des émeraudes est un sujet sensible partout dans le monde. Et pour cause, l’origine géographique est un critère pour l’évaluation du prix d’une pierre. Cela est particulièrement vrai pour la Colombie dont les émeraudes sont les plus chères au monde. Un tel projet ne pourra que rassurer les acheteurs qui seront ainsi certains de la provenance des gemmes.

La traçabilité, un intérêt majeur

La Colombie n’est pas la seule à mener un tel projet de traçabilité. Il y a un peu moins de deux ans, Gemfields, le leader mondial des pierres de couleur, a mis en place une technologie développée par le laboratoire suisse Gübenlin pour tracer ses émeraudes issues de sa mine de Kagem en Zambie. «Provenance Proof» est pour sa part basée sur l’introduction de nanoparticules au sein même de la gemme, tels des marqueurs ADN.
En dehors de ces technologies, parfois intrusives pour la pierre, seul un laboratoire français peut à ce jour déterminer l’origine géographique exacte de n’importe quelle émeraude, sans technologie marquante pour elle.

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *