Emeraude de Zambie : le groupe Rishlay entre dans la course

prix de l'émeraude

L’émeraude de Zambie suscite bien des convoitises. Dernier en date des grands groupes à s’y intéresser, Rishlay, qui vient d’annoncer une prise de participation à hauteur de 80% du capital dans une mine de la copperbelt en Zambie.

La rumeur courait depuis plusieurs mois. Aujourd’hui, ce n’en est plus une. Le Français Rishlay est devenu depuis début janvier un nouvel intervenant de poids dans l’émeraude zambienne. Le groupe n’en est cependant pas à son premier coup. Depuis 5 ans, Rishlay est entré en toute discrétion dans le capital de plusieurs mines d’émeraude, mais aussi de rubis en Ethiopie, en Birmanie et en Colombie. Rishlay ne cache pas ses ambitions de devenir à terme un acteur du secteur avec lequel il va falloir compter. Car des ambitions, il en a.

Rishlay : de la mine d’émeraude au consommateur

Dans le monde de l’émeraude, il y a les groupes miniers et il y a les négociants. Les deux se connaissent, se côtoient, mais ne se mélangent pas. C’est ce qu’est en train de changer Rishlay en créant de toute pièce un système entièrement transversal. L’idée est de créer une filière allant de la mine au consommateur final. Habituellement, les émeraudes extraites des mines sont négociées par lot lors de vente aux enchères. Elles sont par la suite traitées, taillées et revendues à des négociants qui se chargent des les proposer aux joailliers ou aux investisseurs. L’idée du groupe Rishlay est de supprimer les intermédiaires en proposant les émeraudes directement extraites de ses mines, après passage obligatoire dans les ateliers de tailles. Les gemmes seront alors proposées aux joailliers. Mais une partie des pierres sera vendue directement à des investisseurs individuels, intéressés par le potentiel en termes de rendement généré par l’émeraude.

Les émeraudes zambiennes au cœur de toutes les convoitises

Interrogé par la presse Americaine, le directeur général du groupe Rishley a expliqué le choix de la Zambie et de ses émeraudes. “Nous avons débuté avec les émeraudes de Colombie, les plus réputées au monde. Mais leur prix très élevé ne les mets pas à portée de tous. La Zambie regorge de pierres de très belle qualité qui n’ont rien à envier à leur cousine sud-américaine. Mais leur tarif est beaucoup plus accessible et, pour un investisseur, le potentiel de hausse est très important”. Cette analyse explique pourquoi depuis quelques années, les émeraudes de Zambie aiguisent les appétits. Depuis plusieurs années, Gemfields, le leader des pierres de couleur, s’est implanté en investissant dans la mine de Kagem. Plus récemment, en juin 2017, le magnat du diamant Lev Leliev, a acquis 50% de la mine d’émeraude de Grizzly, effectuant ainsi son premier investissement dans le secteur de l’émeraude. Cette montée en puissance des investissements étrangers dans l’émeraude zambienne soulève cependant les inquiétudes d’associations locales qui y voient un pillage des ressources minières du pays. “Cette analyse ne représente pas la réalité du terrain, précise un haut fonctionnaire du ministère de l’énergie zambien. Aujourd’hui, les groupes présents ont pour la plupart mis en place d’importants programmes de formation de leurs salariés. La sécurité et les conditions de travail dans les mines se sont, grâce à ces groupes,  grandement améliorées.”

L’investissement de Rishlay ne serait, selon une source interne, qu’un début. Le groupe aurait en effet l’intention d’affirmer sa présence dans le secteur de l’émeraude en prenant de nouvelles participations.

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